Un chemin de conversion avec le Père Lataste

de | dimanche 28 avril

Alors que nous avons vécu notre 3° année en proposant des après midi miséricorde, nous mesurons les fruits de ces moments. Voici un témoignage fort et touchant :

« Ma foi, je la vivais mal, voire très mal, en dilettante. Pour moi j’avais un acquis, les sacrements reçus : Baptême, confirmation, eucharistie, et je m’en contentais. Plus jeune j’avais été un enfant de chœur assidu et respectueux. Adolescent je faisais mes prières quotidiennement ; mais petit à petit j’espaçais mes temps de prières.

Je commençais à vivre en égoïste, et alors ce fut la descente aux enfers, allant de mal en pis, je faisais tout et n’importe quoi. Je ne priais que quand j’en avais un grand besoin, notamment lorsqu’ un de mes proches était gravement malade. Alors là je me tournais vers Dieu en ces cas extrêmes. Mes prières étaient sincères mais très intéressées. En revanche je n’éprouvais aucune rancœur quant au fait qu’elles soient restées vaines, sans effet.

Vivre dans le péché, la luxure, l’abondance, c’est très facile. Un sentiment de légèreté se dégage. Tout est simple, limpide. Les questionnements ne sont pas de mise.

Ensuite, l’âge aidant, arrive le temps de la réflexion. L’insouciance s’estompe, on regarde dans le rétroviseur, le constat est terrible : quel gâchis ! On ne peut pas évaluer la valeur des dégâts, ni quantifier le nombre de personnes que l’on a fait souffrir, peinées ou déçues. Bien que ces actes ne soient pas intentionnels, commis par nonchalance sans la moindre once de méchanceté, les souffrances occasionnées n’en sont pas moins bien présentes.

Comment rattraper cela ? Prendre la peine de s’excuser me semble bien léger et facile. Et qui a-t-on fait souffrir ? Je ne voulais pas me confesser simplement pour tout effacer. Repartir le cœur et l’âme légers : trop facile pas assez engageant. J’avais besoin de me confier, de me livrer, de me débarrasser de ce fardeau, cette croix. Me rendant compte de la légèreté avec laquelle j’ai mené ma vie de chrétien, j’ai lancé un SOS, une bouteille à la mer.

Un prêtre m’a alors tendu la main, m’a sorti la tête de l’eau, a pris le temps de me recevoir et surtout de m’écouter. Il m’est difficile de décrire mon ressenti lors de cette main tendue. Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises. J’ai pu ouvrir mon cœur sans retenue. Malgré mon vécu, en aucun moment je n’ai ressenti un sentiment de jugement ou de désapprobation, mais simplement une écoute sincère et profonde, de la compréhension, pas de complaisance mais une pure sincérité dans nos échanges. L’idée que je m’étais faite sur les prêtres n’a pas été faussée mais renforcée.
Il m’a été d’un grand secours, il a su m’orienter vers un chemin moins chaotique, moins bourbeux où je peux me diriger la tête haute. Il m’a fait lire et relire des passages de la bible afin que je puisse comprendre le sens des écritures. Lecture que je pensais facile à traiter ! Mais ça demande beaucoup d’implication. De la religion, il m’a fait passer à une relation avec Dieu.
Il m’a fait découvrir la vie du Père Lataste. Grande découverte qui m’a fait comprendre que l’on peut être aimé, malgré nos souillures, d’un amour sans égal ici-bas, d’un Dieu qui nous poursuit de son amour sans cesse et qui se tient à la porte de notre cœur nous disant : reviens à moi et je reviendrai à toi.

Voici quelques citations du Père Lataste, riches de sens :

« Dieu ne nous demande pas ce que nous avons été, il n’est touché que de ce que nous sommes. »
« Ah, de grâce, mes frères, quoi que vous ayez fait, quoi que vous fassiez, ne désespérez jamais de la miséricorde de Dieu »
« Qui que vous soyez, venez à Jésus il y a des bontés pour tous les misérables, il a des pardons pour tous les coupables, il a du baume pour toutes les blessures, il a de l’eau pour tous les péchés. Venez, implorez-moi, dit le Seigneur. »
En parlant des prisonnières de Cadillac, il pensait : « Elles sont à la vérité, sorties de prison, mais elles demeurent emprisonnées dans le mépris public. Car toutes les condamnations de la justice humaine sont, en effet, des condamnations à perpétuité. Pour beaucoup le vrai châtiment c’est la sortie de prison. Le seul remède efficace : les réhabiliter. »

Journées Miséricorde

Le regard ou le jugement des autres, depuis ce moment me laisse indifférent… Lors des journées miséricorde, j’ai découvert un autre univers, des personnes saines, pour qui l’unité de mesure du sentiment n’était pas l’euro, mais tout simplement l’humilité, la passion, l’engagement. Je me suis senti avec ces personnes en symbiose, décuplant mon envie de participer, de m’engager avec eux dans leurs démarches, dans leurs projets. Un des ateliers des après-midi miséricorde m’a tout particulièrement touché : A l’entrée dans l’église des participants, une étole beige leur était remise, signe de leurs péchés, on leur précisait qu’après leur recueillement et prières, qu’après leur confession, une étole blanche leur serait remise en signe de pureté, de pardon. Quel beau signe de ma conversion.

Ces journées m’ont données l’occasion de connaitre les dominicaines de Béthanie où repose le Père Lataste, à Montferrand le Château. C’est un lieu de prière, de recueillement, qui dégage, avec force, ce sentiment de piété, de sérénité, de calme. Le père Lataste a fondé cette communauté dominicaine des sœurs de Béthanie où, dans la discrétion la plus absolue, les religieuses au parcours classique et réhabilitées vivent unies dans la même consécration. Grande leçon : se dire que, malgré notre vécu, nos défauts, quelqu’un nous regarde à l’intérieur et ne voit que ce qui est beau et bon. Seule notre âme et Dieu connaissent la vérité à notre sujet. Je suis heureux de revenir à Dieu. »